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Manitas de Plata, le Picasso de la guitare Flamenca...

Enfance


Les photos que l'on peut trouver de France et de cette époque des années 1921, sont généralement en noir et blanc.

Mais la vie, elle, est plutôt noire que blanche. Noire comme l'avenir qui s'annonce avec ses murmures de bottes et de guerres. Noire comme la vie, en fait. Il y a déjà la crise qui va décimer des familles entières. Les temps sont difficiles et durs pour tout un chacun. C'est la disette.

Mais il y a aussi le blanc, ou si peu. On le trouve du côté des gens qui justement ont toujours eu des périodes sombres et qui ont su se resserrer, se préserver, se protéger. C'est le cas de ce peuple où est né le petit Ricardo.

Ce peuple possède bien sûr un nom, mais l’ignorance fait que plusieurs appellations sont sur les bouches. On l'appelle tantôt bohémien, tantôt manouche, tantôt tzigane, tantôt romanichels, tantôt gitan. Ce dernier nom leur est le plus populaire.

Mais il a aussi d' autres noms : Les voleurs, d'enfants, de poules, et pour les plus méchants, de sales gitans, les déséquilibrés... Bref, tout les noms que l'on peut attribuer à des groupes de personnes que l'on ne connait pas, que l'on évite, que l'on aime pas, parce que différents.

Et justement, ce peuple est de plus hermétique. Ce qui n'arrange rien.

Dans son campement le petit Ricardo va de roulotte en roulotte, s'amusant ici et là, sous l’œil des plus attentifs de sa mère Antoinette. Les mamans gitanes, sont, comme les mamans orientales, juives, arabes, des plus protectrices et attentionnées pour leurs rejetons. Ricardo, continue ainsi de grandir parmi les siens, dans cet univers particulier, tandis que le papa tente, tant bien que mal de nourrir sa famille.
De temps à autre, le soir tombé, il voit "les grands" prendre un instrument de musique, et autour d'un feu pour les rassurer, mais qui n'a pas fait toujours bouillir leur marmites, ils jouent et dansent.
L'enfant enregistre inconsciemment cette ambiance, cette musique. Ces bruits et odeurs, dirait aujourd'hui un homme politique en mal d'inspiration. Cela fait partie intégrante de sa culture, de sa mémoire, de son âme.

Il sent qu'elle fait partie intégrante de son être. Cette musique qu'il entend, parmi tous les bruits alentours, le vacarme ambiant, il sait que c'est la sienne et qu'elle coule déjà dans ses veines. Cette musique envoûtante que personne en dehors de son peuple ne veut entendre!

Ces sons, ces chants, Ricardo, tel un buvard, va les absorber, s'en imprégner totalement de tout son être. Il ne les oubliera plus jamais. Aucune note n'aura pour lui de mystère, aucun rythme de secret...

De temps en temps aussi et brutalement, il voit toute sa famille partir à travers route et s'installer tout aussi brutalement dans un champ, au bord d'une retour, que sais-je!

Mais le petit Ricardo sent monter en lui une obsession: Et si un jour il osait toucher à l’un des ces instruments magiques qui l'inspirent tant en secret. Et si un jour, il jouait vraiment avec ses cordes plutôt que celles qui tirent ses boites de conserves alimentaires vides, des surplus américains ?

Et si un jour... Mais une personne le remarque déjà, pressentant probablement ce qui pourrait se passer. Son oncle, l'oncle Moro, a en effet remarqué cet enfant pensif, un peu trop, peut être, pour son age. Et surtout, surtout, l'oncle Moro a observé l'étrange agitation des doigts de l'enfant à la vu de l'instrument de musique.

Mais d'instrument, le petit Ricardo n'en possède pas...Non, il n'en a pas et sa famille non plus. Beaucoup trop coûteux cet instrument là...


A suivre:
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Correction ortho.:
Alain Morizur




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