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Manitas de Plata, le Picasso de la guitare Flamenca...

Folklore local


Manitas de Plata continue de grandir et de se faire remarquer à chaque pélérinage des Saintes Maries de la Mer comme à chaque fêtes organisées par les "payots" qui aiment bien amuser la galerie avec des gitans jouant, dansant ou chantant, et ce parfois seulement pour un repas. Les vaches sont bien maigres et Manitas n'arrive pas trop à faire vivre sa petite famille comme il le souhaite. Django Reinhardt est décédé quelques jours juste avant le pèlerinage de 1953. Il aura été attendu, mais ne sera jamais venu, seul son frère venait.

Manitas vénérait Django au style si différend du sien, mais qui jouait comme une divinité.

Aux Saintes, seule une "paya" invite Manitas de Plata à sa maison et lui permet de jouer contre des cachets et des rencontres de gens célèbres. Cette femme avait compris d'avance que les gitans se faisaient exploiter pour jouer et que certains méritaient mieux.

Manitas avait formé un groupe avec son frère Hyppolite, son cousin José Reyes, un grand chanteur à la peau sombre, sous l'impulsion de l'oncle Moro, groupe qui lui permet d'améliorer quelque peu son ordinaire.

C'est à une de ses soirées privées qu'une rencontre va avoir lieu chez la "Madame": Celle d'un photographe, dont elle dit qu'il serait l’ami de Picasso, cet autre divinité chez les gitans et de Manitas.

Nous l'avons écrit, le pèlerinage était sacré chez les gitans. Aujourd'hui cela tient plus d'un rassemblement hétéroclite que d'un pèlerinage. Pour le rejoindre vers les années 1955, Manitas doit faire un sacré périple, même s'il a troqué sa 3 CV Panhard contre la traction avant, plus puissante et robuste.

Et c'est à chaque fois le même trajet: Montpellier, Saint Gilles, Arles. Arles pour rencontrer dans le quartier de la Roquette à la rue des Douaniers, son cousin José Reyes et sa famille mais aussi son oncle Moro. Ce pèlerinage était important. Il permettait également de faire circuler les informations: Qui est né, qui s'est marié-divorcé, qui es mort et tout cela, la vie quoi. Aujourd'hui Internet, la téléphonie ne permettent plus cette forme de transmission et de rencontres.

C'est au pélérinage de 1955 que Manitas va revoir le photgraphe rencontré auparavant. Celui-ci est accompagné d'une personne, apparement et vus ses appareillages, il s'agirait plutôt d'un producteur. Cet homme que Manitas appelle Raya , va donc naturellement enregistrer les gitans dans leurs purs jus, tandis que le photographe prend des photos avec son Reflex.

Manitas à la fin du pélérinage passera rencontrer, à sa demande, ce photographe qui lui informe qu'un enregistrement fait durant les festivités ira au Etats Unis et qu'il y sera présenté aux connaissances de son ami .

Puis enfin, l'éditeur de Raya sortira son disque sans en prévenir Manitas, déja dans le besoin mais qui menace alors, avec le photographe, de porter l'affaire devant la justice.

Accompagné d'un avocat, Maître Lafont qui s'occupera du procés qui durera, instruction comprise plusieurs années, Manitas se retrouvera devant des juges pour défendre sa création musicale, dont la partie adverse prétendait qu'elle appartenait au folflore local. Et c'est un témoignage émouvant qui sauvera Manitas et fera condamner Raya: Celui de Jean Cocteau ...



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